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Présentation de l'option

 

 

  

A qui s'adresse l'option lettres modernes ?

 

L'option lettres modernes s'adresse à tous les élèves de khâgne désireux d'approfondir leur connaissance de la littérature française, mais aussi européenne. Par son caractère généraliste, elle permet d'acquérir une solide culture littéraire. En ce sens, elle est un complément précieux au cours de littérature de tronc commun.

Le lycée Frédéric Mistral offre, par un emploi du temps aménagé en conséquence, la possibilité de suivre des parcours bivalents en khâgne. Il est ainsi possible de suivre les cours des options artistiques (cinéma, théâtre) et les cours de l'option lettres modernes. 

 

Comment s'organise-t-elle ?

 

L'option lettres modernes s'organise en deux modules d'enseignement :

- quatre heures par semaine sont dévolues à la préparation de l'écrit. Au concours de l'ENS, l'épreuve consiste en un commentaire de texte inconnu, choisi dans une période allant du 17ème s. à aujourd'hui. Cette épreuve requiert finesse et acuité de l'analyse alliée à la rigueur et clarté d'une synthèse efficace et probante. Elle nécessite un vrai effort de réflexion, une logique du raisonnement et la capacité à bien déterminer et démontrer les enjeux particuliers du texte. Les conseils bibliographiques et les méthodes des exercices sont donnés et pratiquées en cours, concernant tous les siècles : du XVIIe au XXIe, ainsi que tous les genres. Le but recherché ici est, en outre, d'accroître la connaissance des œuvres et celle de critiques éminents.

Étant entendu que la littérature n'est pas séparable du monde qui l'a vu naître, il faut la relier aux causes, courants et questions philosophiques, historiques, et esthétiques de l'époque. C'est dire aussi que la connaissance des grandes étapes de l'histoire littéraire, visant à la compréhension des mouvements majeurs qui la constituent, ainsi que des interrogations essentielles qui la traversent, reste indispensable pour bien cerner certaines finalités et les penser avec exactitude en rapport avec le texte, si nécessaire.
Cette investigation, à la fois très précise et ouverte, qui décode les procédés d'une écriture au bénéfice de la richesse de sa signification dote les étudiants d'une formation de qualité, et développe une aptitude non négligeable à déchiffrer, à leur juste mesure, les autres discours contemporains ! 

 

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- deux heures par semaines sont dévolues à la préparation de l'oral. Depuis l'année 2012-2013, l'oral porte sur un programme de Littérature comparée. Pour l'année scolaire 2017-2018, le programme intitulé "Poétiques de la modernité" se propose d'étudier en regard Othello de Shakespeare et Zaïre de Voltaire. 

                                                                                     

 


206....L'utilité d'une dissection est surtout de nous enseigner comme la vie nous échappe : l'esprit du texte ne peut être touché par le scalpel...L'esprit du texte, c'est le souffle donné par toi, lecteur : l'action de ton haleine qui soulève les mots, trouve le mouvement, l'émotion, rassemble les pages, les nage, redonne vie aux lettres mortes et fait du livre un seul corps dansant. L'esprit du texte, son souffle, est une réalité matérielle invisible et très concrète, qui restera à jamais hors d'atteinte des flèches pédagogiques. (...)
212. En ces temps de communication galopante, c'est à dessein que les manuels coupent le souffle. Otent l'esprit. Ils veulent faire de chacun d'entre nous des écouteurs de signaux, des obéisseurs dociles, des exécuteurs à deux temps, des parleurs monosyllabiques. De parfaits sujets dressés à acheter, rire et pleurer, s'indigner, s'enthousiasmer tous ensemble – où il faut, quand il faut ; ils nous ôtent le souffle pour tenter de nous assujettir aux formules, slogans – et que nous devenions des animaux bien dressés à exécuter, à brandir des mots creux : abrégés, comprimés, décharnés, compactés, formatés et vite dits, des « mots surgelés » - et que nous devenions des télégraphes à saisir au plus vite et à instantanément transmettre les signaux reçus ! C'est très-très sciemment que la chair très obscure et très impure du langage : son ombre, son sous-sol, sa mémoire, ses méandres, son esprit spiral, ses volutes, sont partout interdits – et de partout chassés –, et qu'il faut désormais parler clair en langue aseptique – et écrire en déjà traduit.
213. Au lieu qu'il faudrait descendre de plus en plus dans le langage, dans son corps profond, dans son labyrinthe, dans sa caverne incandescente, dans son drame. Parce que, dans l'intériorité du langage,- dans la profondeur de son corps, dans son passage inverse, dans son théâtre paradoxal, dans son carnaval de renversement –opèrent – en toi et devant toi –, t'agissent, les forces qui régissent le monde matériel...Aussi les hommes ne devraient-ils plus dire : « Voyons le monde et par le langage communiquons nos idées et nos impressions », mais : « Descendons dans le langage pour en savoir plus ! (...)
215. Les forces qui régissent l'univers et celles qui architecturent le langage sont identiques.
216. C'est pourquoi, le texte mort, écartelé, découpé, brisé, accablé de flèches, perclus de notes, il convient de le relire sans cesse, d'y nager jusqu'à l'unir d'un souffle en le brûlant par notre respiration. La vie –le souffle –, il n'en a pas ; il le recevra par le don de celui qui l'a pris dans ses mains.
217. « Brûlez les livres de votre respiration ! » C'est une leçon de physique séraphique." 

Valère Novarina, Lumières du corps, POL, 2006. 

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